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Membre de la Plateforme Membre du Collectif d'Accueil des Réfugiés de Séderon

Face à la pandémie du Covid-19, les Etats Généraux des Migrations se mobilisent !

La Plateforme des Comités d’Accueil des Réfugiés en Drôme Ardèche Vaucluse (CARDAV) en tant qu’Assemblée locale des Etats Généraux des Migrations encourage chacun de nos membres à s’informer et communiquer intensivement, ainsi qu’à agir suivant ses possibilités en fonction des suggestions ci-dessous!

Face à la pandémie du Covid-19, les Etats Généraux des Migrations se mobilisent !

Depuis le passage de la France au stade 3 de l’épidémie le 14 mars dernier, la France multiplie les mesures d’urgence pour faire face au COVID19. Le conseil scientifique créé à cet effet a estimé, dans un avis consultatif rendu le 24 mars, que le confinement mis en place depuis près de deux semaines pourrait durer a minima jusque fin avril. Alors que le monde entier s’interroge sur l’après Covid-19 et constate les larges écarts de traitement entre les « confinés » et ceux – les plus exposés – qui assurent les services « essentiels au fonctionnement de la Nation », la situation spécifique des personnes étrangères fait encore trop peu de bruit.

A rebours des discours prônant « l’unité de la Nation » face à l’épidémie, les disparités de traitement en fonction des personnes, de leur statut et des territoires sont criantes. La mise à l’abri des personnes est partielle et ses conséquences sont encore incertaines, certains lieux d’enfermement des personnes étrangères sont encore en activité malgré la suspension des liaisons aériennes, les obligations de pointage pour les personnes assignées à résidence ont été explicitement maintenues, les démarches administratives et le déroulement des demandes d’asile sont largement mis à mal … les impacts sont nombreux. Les structures d’accompagnement s’organisent pour pallier les manquements de l’Etat et nombre d’avocat·e·s ami·e·s sont heureusement fortement mobilisé·e·s.

Dans ce contexte, les Etats Généraux des Migrations doivent également réfléchir à la plus-value de leur action. L’essence même de notre dynamique, qui repose sur la construction d’une parole collective et la mise en commun de nos pratiques, se confronte aux restrictions imposées par la période que nous traversons et à l’isolement qu’elle crée. Plus que jamais, il est nécessaire de renforcer nos espaces d’échange et de dialogue, de porter des revendications communes et de diffuser les outils créés par chacun·e d’entre nous sans refaire ce qui est déjà fait par ailleurs.

Les jours « d’après », il nous faudra revenir sur toutes les questions (aujourd’hui laissées en suspens) suscitées par le confinement et le repli sur soi des nations européennes par rapport aux mouvements migratoires, deux attitudes qui ont précédé, de loin, l’arrivée du Covid-19. Quelles leçons en tirer pour l’avenir ? Où en sera la solidarité entre états européens pour un accueil digne des personnes exilées ? Autant de questions qui nécessitent un espace de réflexion collective que les EGM pourraient contribuer à porter.

Face à cette situation inédite, nous espérons que vous et vos proches vous portez bien et exprimons notre solidarité avec toutes les personnes étrangères.

Interpellons nos élu·e·s !

Dans la lignée de l’initiative proposée par l’Assemblée Locale de la Sarthe, qui a diffusé un courrier transmis à la Préfecture du Mans pour l’alerter sur la situation des personnes étrangères face à l’épidémie Covid-19 dans le département, le groupe de facilitation vous propose d’interpeller vos préfectures en utilisant la trame disponible sur le site des EGM. Il s’agit d’un modèle de lettre adaptable en fonction des situations dans vos territoires : vous pouvez le modifier à votre guise, ajouter ou supprimer certaines propositions, ou insérer des exemples.

Retrouvez ici le modèle de courrier !

Les États Généraux des Migrations préparent également une version plus générale de ce document qui sera transmise très prochainement au Président de la République, au Premier Ministre, ainsi qu’au Ministre de l’Intérieur. Elle sera disponible sur notre site

Les États Généraux des Migrations préparent également une version plus générale de ce document qui sera transmise très prochainement au Président de la République, au Premier Ministre, ainsi qu’au Ministre de l’Intérieur. Elle sera disponible sur notre site.    Partageons nos outils et nos ressources De nombreuses organisations, associations ou collectifs proposent des décryptages et des outils qui peuvent être utiles à chacun.e d’entre nous dans le travail d’accompagnement des personnes exilées en cette période de pandémie : traductions des attestations, des explications concernant les gestes barrières et les déclarations du gouvernement, vidéos pédagogiques etc. Des contenus juridiques ont également été partagés, fournissant des éléments d’analyse pertinents. Vous retrouverez une compilation de ces contenus sur le site web des EGM ! Bien entendu, cette liste n’est pas exhaustive, et vous pouvez suggérer l’ajout de documents en envoyant un mail à coordination@eg-migrations.org.

Cliquez ici pour accéder à l’article

La Cimade fait le point sur les démarches administratives possibles : Dans un article du 24 mars  régulièrement actualisé, la Cimade vous informe des services encore accessibles aux personnes étrangères et des alternatives mises en place : demandes d’asile, titres de séjour, modalités de recours, fonctionnement de la Poste, situation spécifique des femmes victimes de violence … les thématiques sont larges !

La Contrôleuse Générale des Lieux de Privation de Liberté demande la fermeture sans délai des centres et locaux de rétention administrative : Le communiqué diffusé le 17 mars rappelle la situation de promiscuité qui prévaut dans les centres et locaux de rétention administrative, dénonce l’absence d’information communiquée aux personnes enfermées et l’absence de mesure de protection tant pour ces dernières que pour les agents de police, et insiste sur le caractère illégal de ce maintien en l’absence de perspective raisonnable d’éloignement des personnes. Une requête en référé liberté a été déposée à ce sujet par plusieurs associations et collectifs d’avocats (voir ci-dessous).

L’ANAFE (Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers) et l’OEE (Observatoire de l’Enfermement des Etrangers) vont dans le même sens : Face à la crise sanitaire, l’ANAFE sollicite la fin de l’enfermement administratif des étrangers, dans les centres de rétentions administratives mais également dans les zones d’attente et les constructions modulaires du poste de police de Menton Saint Louis. 

InfoMIE compile les informations utiles pour l’accompagnement des personnes mineures et des jeunes majeurs : Le site regroupe les communications officielles, les textes de loi,…  et décrypte l’information sur les conséquences de l’épidémie pour les personnes mineures et les jeunes majeur.e.s. Vous retrouverez notamment des informations sur les dispositions applicables en cas de fin de prise en charge d’un·e jeune, l’impact sur les dispositifs provisoires d’accueil et d’évaluation, etc.

L’ODSE (Observatoire du Droit à la Santé des Etrangers) est très vigilant sur l’accès aux soins des personnes étrangères : Face aux risques sanitaires dus à la non prise en charge  de certains exilé.es  ou aux potentielles ruptures de leurs droits à l’assurance maladie, l’ODSE a interpellé le Ministre de la Santé en demandant une mesure généralisée de simplification des démarches d’ouverture et de renouvellement des droits, concernant notamment l’Aide Médicale d’Etat.

Mais aussi :  les structures membres des EGM  (GISTI, LDH, …), et bien d’autres que vous retrouverez sur notre site, publient régulièrement des informations dans leur champ de compétences au regard de cette actualité très mouvante.

Echangeons sur l’actualité 

Référé-liberté : Face à l’inaction de l’Etat malgré plusieurs demandes en ce sens, associations et organisations d’avocats ont saisi le Conseil d’État pour demander la fermeture des centres de rétention administrative, dénoncer les risques sanitaires qui sont liés à leur fonctionnement et le caractère illégal de ce dernier en l’absence de perspective de renvoi. L’ADDE (Avocats pour la défense des droits des étrangers), le Gisti, le SAF (Syndicat des avocats de France), la Cimade et le Conseil national des barreaux ont donc formulé une requête en référé liberté le 23 mars (dont le contenu est disponible sur le site du SAF) pour demander à la plus haute juridiction de fermer tous les centres de rétention en suspendant provisoirement l’arrêté ministériel qui encadre leur création. Le Conseil d’Etat a rejeté la requête par une décision rendue le 27 mars 2020, justifiant sa décision par le fait que la plupart des centres seraient aujourd’hui vides, situation qui ne saurait « caractériser une carence dans l’accès aux soins ou la mise à disposition de produits d’hygiène ».  

Etat d’urgence sanitaire : A l’heure où la pandémie se propage rapidement, où le nombre de personnes malades recensées augmente de manière exponentielle, l’instauration d’un Etat d’urgence sanitaire depuis le dimanche 22 mars vient donner un cadre légal aux mesures d’exception mises en place ces dernières semaines. Plus de 25 ordonnances ont déjà été publiées depuis. Elles laissent présager du pire. La crainte que ce régime largement attentatoire aux libertés fondamentales ne soit pas seulement temporaire mais se pérennise est dans de nombreux esprits. A ce sujet, voir notamment la première analyse du Syndicat de la magistrature.

En attendant … nous restons mobilisé·e·s et préparons les jours d’après ! 

Les groupes chantiers « Mineur·e·s » et « Pratiques préfectorales » ont toujours besoin de vous !
Le questionnaire proposé par le groupe chantier « Mineur·e·s »  est en ligne sur le site web des EGM. Il permettra de compiler les pratiques des administrations sur les différents territoires, de les comparer, et de nourrir une journée thématique de travail qui sera organisée par la suite. Vous pouvez transmettre vos réponses à questionnaires-mineurs@eg-migrations.org

Balance Ta Pref’ ! Le groupe chantier « Pratiques Préfectorales » a sollicité les Assemblées Locales par le biais de la liste « relais », afin d’avoir un aperçu, par département, des principales dérives et pratiques illégales perpétrées par les préfectures. N’hésitez pas à leur transmettre vos constats ! Pour toute question, vous pouvez contacter coordination@eg-migrations.org

Communiqué par Plateforme des Comités d’Accueil des Réfugiés en Drôme-Ardèche et Vaucluse (CARDAV)
Valérie Rosier, Coordonnatrice,  Tél 06 12 33 10 71 
arquaique@orange.fr
Colette Sénéclauze, Secrétaire, Tél 04 75 26 41 44 
c.a.sene2015@gmail.com
Annie Molinet, Blog, Tél 04 75 28 51 77 
coparhb@gmail.com
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Pandémie du Covid 19 et situation des populations fragiles, particulièrement d’origine étrangère

Pour information!

La plateforme CARDAV (Comités pour l’Accueil des Réfugiés en Drôme Ardèche Vaucluse) s’émeut de la situation des populations fragiles, particulièrement d’origine étrangère, face à la pandémie du coronavirus.

En tant qu’ Assemblée locale membre des Etats Généraux des Migrations notre Plateforme CARDAV vient d’adresser
le courrier suivant au Préfet de la Drôme, Hugues Moutouh ainsi qu’au Préfet du Vaucluse, Bertrand Gaume. La plupart des nos comités d’aide aux réfugiés se situant dans ces deux départements.

À Monsieur Hugues MOUTOUH, Préfet de la Drôme

Buis les Baronnies, le 26 mars 2020

Objet : Pandémie du Covid 19 et situation des populations fragiles, particulièrement d’origine étrangère

Monsieur le Préfet,

La pandémie due au COVID -19 et le passage de notre pays au stade 3 du plan de prévention avec la fermeture de quasiment tous les lieux publics, le confinement maximum des populations, soulèvent nombre de questions pour les populations les plus fragiles, particulièrement celles d’origine étrangère que nous accompagnons.

C’est pourquoi, nous vous demandons en urgence, de prendre un certain nombre de dispositions.

● La fermeture de tous les lieux d’enfermement des étrangers et la libération de toutes les personnes enfermées dans ces lieux : centres de rétention administrative (CRA), locaux de rétention administrative (LRA), zones d’attente (ZA), avec le droit pour ces personnes de retourner dans leur département habituel de résidence et la mise à l’abri de celles qui n’ont pas de domicile.

● Les déplacements étant déconseillés, la suspension de l’obligation d’aller signer au commissariat ou dans les gendarmeries pour toutes les personnes assignées à résidence.

● La réquisition de locaux, en concertation avec les collectivités locales, pour qu’un accueil et un hébergement digne et respectueux des conditions sanitaires soient offerts à toute personne sans résidence stable. Toute personne, quel que soit son statut ou sa situation, appelant le 115 doit se voir proposer une prise en charge immédiate. De même, les jeunes isolé·es dont la minorité n’a pu être évaluée doivent bénéficier d’une prise en charge au titre de la protection de l’enfance.

● La suspension de toutes les mises en demeure et mesures d’expulsion locative pour toutes les personnes ou familles, notamment celles installées dans des structures dédiées à la prise en charge des demandeurs d’asile.

● La suspension de toutes les décisions préfectorales concernant les étrangers en matière d’expulsion quelle que soit leur situation administrative, la fermeture des permanences des associations qui interviennent en soutien aux étrangers ne permettant pas à ces personnes d’accéder aux conseils et dispositifs juridiques que la loi leur permet, comme les recours devant le tribunal administratif.

● La prolongation des titres de séjour pour éviter les situations de rupture de droit générées par la difficulté voire l’impossibilité d’accéder aux guichets de la préfecture et la mise à disposition dans les meilleurs délais d’un document attestant de cette prolongation.

● Dans le respect des règles sanitaires, des lieux de restauration organisés par l’Etat doivent notamment pouvoir être assurés matin et soir aussi près que possible des lieux de vie, les associations ne pouvant assurer toutes les distributions alimentaires habituelles, pour ne pas laisser en situation de détresse des familles affectées par les fermetures de lieux d’accueil (dont les établissements et les lieux de restauration scolaires).

● Des points d’eau et des services de bains douches doivent être maintenus, et surtout installés partout où c’est nécessaire.

● L’accès aux services de soins doit être ouvert aux personnes étrangères dans les mêmes conditions que pour tout un chacun, sans restrictions particulières tenant à leur situation.

● Dans tous les lieux publics ou associatifs ouverts, des masques, des gants, du savon et du gel hydroalcoolique en quantité suffisante doivent être mis à disposition des salarié·es comme des bénévoles.

Nous espérons que ce questionnement et ces demandes trouveront une réponse positive dans ces circonstances exceptionnelles.

Dans l’attente de votre réponse, nous vous assurons, Monsieur le Préfet, de notre considération distinguée.

Pour la plateforme CARDAV
(Comités pour l’Accueil des Réfugiés en Drôme Ardèche Vaucluse)
Assemblée locale membre des Etats Généraux des Migrations
Valérie Rosier, coordinatrice
https://refugiescollectifsdromesud.wordpress.com
courriel : arquaique@orange.fr

Communiqué par Plateforme des Comités d’Accueil des Réfugiés en Drôme-Ardèche et Vaucluse (CARDAV)
Valérie Rosier, Coordonnatrice,  Tél 06 12 33 10 71 
arquaique@orange.fr
Colette Sénéclauze, Secrétaire, Tél 04 75 26 41 44 
c.a.sene2015@gmail.com
Annie Molinet, Blog, Tél 04 75 28 51 77 
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Réunion de la Plateforme CARDAV – 07 03 2020

PLATEFORME des COMITES d’ACCUEIL de REFUGIES
en DROME, ARDECHE et VAUCLUSE (CARDAV)
Compte-rendu de la réunion du Samedi 7 mars 2020 – 10 H
Salle de la Colombe – 1, avenue Paul Laurens – 26110 Nyons

Présents :
26- Philippe P.,Colette S., Anne B. (comité de Vinsobres)
26-Jean-Claude R. (REDAR, autour de Die)
26-Annie et André M. (COPARHB, Séderon/Lachau)
26-Valérie R. (CBAR, Buis-les-Baronnies)
26-Claudia V., Grignan
84-France F. et Sylvia (ARRV, région Vaisonnaise)
84-Jean-Claude S. du Collectif Réfugiés du Vaucluse (Carpentras/Avignon…)
Invitée :

Cécile Porée-Goutefange (Fédération Protestante d’Entraide)
Excusés :
26-Bella F., Jean-Claude B.
26-Dominique M., Buis-les-Baronnies
26-Jutta L., accompagnante de la famille Syrienne de Nyons-Ville
26-Guislaine K. accompagnante à Pierrelatte, aide FLE à des mineurs…
26-Ljiljana M. traductrice (Buis et Vinsobres)
Nota :
– Deux personnes sont absentes parce qu’elles participent à la Maraude de Montgenèvre ce même jour et nous représentent

– Deux personnes hors comités (très actives dans l’accueil de Réfugiés) sont absentes mais ont envoyé des messages (Nyons, Pierrelatte)

A) Tour de table

1- Nous accueillons Cécile Porée-Goutefange de la FEP (Fédération d’Entraide Protestante)
Cécile nous parle des couloirs humanitaires mis en place par la FPE, le Secours catholique et autres structures caritatives qui recherchent des familles pour accueillir, par une voie légale, des réfugiés particulièrement vulnérables se trouvant actuellement dans des camps en Syrie et au Liban. Il s’agit d’accompagner les personnes accueillies le temps nécessaire à l’obtention du statut officiel de réfugiés en France. Cécile nous offre l’aide administrative de la FPE et nous propose aussi de bénéficier d’un projet d’accompagnement psychologique pour aider les accueillants. A suivre…

2 – France et Sylvia représentent le Comité de Vaison ARRV.
En plus des personnes que le Comité accompagne depuis quelques années, les membres de l’Association ARRV s’occupent à tour de rôle d’un jeune mineur du RESF (Réseau Études Sans Frontières )qui fait actuellement un stage dans la restauration.
Après le décès de Jacques M., le comité a recommencé à fournir le squat du CESAÏ de Gap en alimentation, malgré la distance routière depuis Vaison. Il essaie de trouver une structure caritative de Gap pour prendre la suite, ce serait plus logique.

3 – Jean-Claude R. représente le REDAR (Réseau Diois Accueil des Réfugiés)
Jean-Claude nous rappelle que deux familles irakiennes yézidies sont arrivées par la voie légale des couloirs humanitaires
·  la première, composée de 8 personnes, il y a 3 ans, est maintenant installée à Luc-en-Diois
·  la deuxième, composée de 11 personnes bénéficie d’un très grand logement
·  l’accueil d’une troisième famille est en projet
Cela se passe très bien à l’école avec les enfants. Pour les pères de famille, qui ne maîtrisent malheureusement pas bien le français, il est difficile de trouver un travail stable, ils doivent se rabattre sur les emplois saisonniers.

4 – Philippe P., Colette S. et Anne B. représentent le Comité de Vinsobres
La dernière réunion du Comité a eu lieu le 28 février. Catherine R. du Comité de Buis est venue y participer puisqu’elle a pris le relais pour les démarches administratives, a accompagné la famille Mahdi à Grenoble et à Valence. Catherine a souhaité redire le déroulé des interventions en présence de la famille, du comité, avec Assia, que l’on remercie pour son aide de traductrice.
Après la fermeture d’Allex, ils étaient arrivés à Buis (ce pourquoi Cécile, de la FEP, les connaissait), puis à Séderon , et ensuite à Vinsobres.
Les membres du comité ont découvert ce parcours du combattant (sans papiers, dublinés en fuite…), on comprend mieux l’état dépressif de Mustafa.
Le 3 mars avec Catherine ils ont enfin pu déposer leurs dossiers de demandeurs d’asile et CMU à asile.com à Valence. Nous voici en attente de la convocation de l’OFPRA. L’attente peut être de 2, 3, 4 mois ???
En attendant le comité de Vinsobres va proposer un concert pour pouvoir tenir jusque-là, sachant qu’il n’y a pas d’aide de l’État pour cette famille de 4 adultes et un enfant (ils ont juste une aide alimentaire qui ne convient pas totalement en raison de leurs habitudes alimentaires).
Il est à noter que le jeune Assou est parti en classe de neige, belle expérience, autant pour les parents, qui ont fait confiance, que pour l’enfant qui y était très épanoui aux dires de sa maîtresse.
Quelques personnes du comité répondent encore aux demandes des premières familles accueillies avec des problématiques assez difficiles.
Un grand merci au comité de Valréas qui s’est arrêté et nous a fait profiter de son reliquat financier, une aide appréciable vu nos besoins. 

5- Jean-Claude S., Collectif Réfugiés du Vaucluse (Carpentras/Avignon)
Depuis 4 ans, suivi de 25 hommes afghans de moins de 30 ans. Ils ont maintenant tous un permis de séjour et sont autonomes, de bons contacts subsistent.
Le Comité voit passer beaucoup de nationalités différentes : Algériens, Syriens, Kurdes, Irakiens, Érythréens, ainsi que de nombreux jeunes mineurs francophones qui ont besoin d’un accompagnement. Certains préparent un CAP de restauration.
A cause des nombreuses carences de l’ASE, il y a beaucoup de jeunes dans la rue à Avignon. ROSMERTA essaie de s’en occuper au mieux. RESF également.
Prochainement les associations d’aide aux réfugiés seront reçues par le Député Jean-François Césarini pour faire le point sur la situation et espèrent une avancée positive.

6- Claudia V., Grignan
Bienvenue à Claudia, qui se joint à nous pour la première fois, pour voir comment fonctionnent les comités. Nous sommes tous à sa disposition pour l’éclairer en fonction de nos connaissances et de nos expériences. Nous sommes aussi preneurs de l’expérience qu’elle a elle-même acquise en Allemagne dans l’accueil et le suivi, notamment des jeunes pour l’apprentissage de la langue allemande.
A Grignan plusieurs personnes sont intéressées de se constituer en association pour entreprendre des actions d’aide aux réfugiés. Pour commencer Claudia souhaite rencontrer le Maire afin que la commune leur apporte son soutien et s’engage en offrant des logements et/ou une participation financière. Cette période pré-électorale des communales se prête bien à cette démarche. Valérie rappelle les outils des EGM,comportant un feuillet « Engagement » à présenter aux candidats (voir ICI).
Contact est pris entre Claudia et Cécile. Quel bon hasard que la réunion de la Plateforme ait lieu aujourd’hui pour les mettre en relation et favoriser ainsi un nouveau projet d’accueil !

7- Annie et André M. pour COPARHB (Séderon – Lachau) :
COPARHB vient de tenir une petite réunion informelle et amicale regroupant presque tous ses membres pour faire la connaissance d’un jeune mineur francophone de 17 ans accueilli depuis deux ans par Lucie B. dans la Vallée du Jabron, à Montfroc (26). Il est originaire de Guinée-Conakry . Le problème qu’il rencontre paraît insoluble et lui barre toutes les routes, y compris celle de la scolarité : rejet de la reconnaissance de minorité, donc grosses affaires juridiques et administratives en cours, alors qu’il est à la veille de devenir majeur et de se retrouver face à d’autres problèmes. Par ailleurs Lucie B., aidée par Sylvie P., a également pris sous son aile un autre jeune ressortissant de ce pays, récemment arrivé, mais qui a plus de chance : déjà en famille d’accueil et scolarisé car sa minorité a été reconnue.
Lucie a besoin de se sentir soutenue dans ces longues procédures qu’elle mène seule. Claire L. , du Comité du Buis, est venue nous offrir à cette réunion son expérience et son aide.
Les membres de COPARHB ont spontanément offert un petit pécule à Lucie qui porte seule tous les frais liés à l’hébergement et aux déplacements de ces deux jeunes.
Par ailleurs COPARHB s’est désengagé de son aide à l’ALDA (Accompagnement au Logement Drôme Ardèche) de Valence et réserve maintenant ses fonds aux urgences locales.

8- Valérie R. (Buis Accueil Réfugiés)
D
epuis octobre 2019, accueil d’une famille syrienne de 6 personnes à Buis-les-Baronnies, les parents avec 4 enfants, dont l’un a des problèmes de santé nécessitant un suivi constant. Ils arrivent depuis des camps au Liban.
La maman a été malade au moment de la Fête de la Fraternité mais les ados s’y sont rendus et ont participé en chantant de bon cœur dans leur langue, la seule qu’ils connaissent pour le moment. Cela se passe bien, même si le père de famille et le fils aîné ne peuvent travailler tant qu’ils n’ont pas encore le statut de réfugiés. Les démarches sont en cours, à suivre !

B) Etats Généraux des Migrations
Rappel : Valérie a représenté la Plateforme CARDAV à la Session 2019 des EGM à Paris en octobre dernier. Son compte-rendu très détaillé figurant déjà sur ce blog est riche en informations (lien ICI).
Aujourd’hui Valérie revient sur le sujet de l’ANVITA (Association des Villes et Territoires Accueillants), cofondée en 2018 par plusieurs villes, dont Damien Carême, Maire de Grande-Synthe. Cette association (qui souscrit également au Pacte pour la transition écologique et solidaire et aux 32 mesures concrètes en vue des élections municipales, voir ICI), regroupe les villes grandes ou petites, dont les élus revendiquent ouvertement l’accueil des réfugiés Chaque élu, ville ou village, mais aussi chaque association ou lieu d’accueil peut inscrire son nom sur la carte mise à disposition sur Internet (ICI).
Valérie a le plaisir de nous annoncer que Buis-les-Baronnies en fera bientôt officiellement partie grâce à l’implication du Maire, Sébastien Bernard, dans la cause des réfugiés.
Valérie nous rappelle aussi que dans cette même idée d’accueil, chacun de nous peut contacter les candidats aux élections municipales pour les sensibiliser, par écrit ou de vive voix. Nous pouvons nous aider des outils mis à disposition par les EGM, constitués d’un argumentaire sérieux, basé sur des enjeux, faits et chiffres exacts afin d’encourager le candidat à souscrire à un accueil conforme aux Droits de l’Homme.
Voir notre page spéciale 
ICI
Valérie suggère que la Plateforme CARDAV, en tant qu’Assemblée Locale membre des EGM, fasse un don symbolique de 100 € pour tout le travail fourni par les employés des EGM et dont nous bénéficions, leurs salaires n’étant faits que de dons des associations partenaires. Elle ajoute qu’au vu des priorités en matière d’aide financière apportée aux collectifs dans le besoin chez nous, la décision n’est pas urgente.

C) Groupe de parole avec la psychologue Anne Morin
Les personnes présentes ont parlé de l’apport de ces rencontres, d’autres participants absents avaient envoyé leurs témoignages qui ont été lus.  Quelques idées fortes :
Ces séances nous permettent de nous poser, prendre du recul, dire notre humanité, nos ressentis devant des situations complexes.
Comment s’investir sans se perdre trop ? Nous réfléchissons à un accompagnement juste, pour rester à une juste place, nous ne pouvons pas être dans la toute-puissance.
La personnalité d’Anne fait que ces rencontres sont dans l’authenticité, la transparence, la convivialité, l’écoute active, le non jugement, la bienveillance…
C’est là que l’on peut déposer nos émotions, nos questionnements parfois dérangeants, nos incompréhensions, nos incrédulités devant certaines situations.
Écouter le vécu des autres nous enrichit.
Nous arrivons à élargir l’horizon, nous relier au sens de nos actions.
Anne nous apporte des réponses, des infos théoriques fondamentales, structurées, approfondies ; une compréhension indispensable de l’interculturel , sur les traumas spécifiques aux migrants…
Elle nous fait découvrir des techniques de gestion du stress pour retrouver sérénité et énergie.
Elle nous aide à trouver des outils/moyens de mieux écouter les réfugiés, les laisser s’exprimer et ainsi mieux les guider vers leur autonomie.
Une personne n’est venue qu’une seule fois parce que ce n’était pas ce qu’elle en attendait.
C’est pour cela que ces témoignages rendent compte de ce qui s’y passe.

D) Fête de la Fraternité- Dimanche 26 janvier 2020 – Buis-les-Baronnies (26)
La 5 ème Fête de la Fraternité a suscité des retombées très positives. Les participants ont apprécié sa simplicité et sa spontanéité, dans une salle joliment décorée d’une multitude de fleurs multicolores en papier. Les réfugiés se sont bien retrouvés au centre de l’intérêt de la fête. La grande place laissée pour les échanges personnels a été particulièrement saluée.

La Grande Tablée « aux couleurs du monde » ouvrait la fête à midi avec des mets préparés par les personnes accueillies et les personnes accueillantes, mêlant de nombreuses traditions culinaires. Les familles de réfugiés ont finalement vaincu leur timidité au micro, devant la salle comble, surtout les adolescents, pour témoigner, mais aussi pour chanter dans leur langue kurde ou syrienne, ou bien nous offrir des divertissements.

Et bravo à la Plateforme : le concept de Fête de la Fraternité a été repris par les EGM (États Généraux des Migrations), séduits par le succès dont Valérie s’est fait l’écho. Il se décline donc à présent sur tout le territoire français !


Prochaine réunion :
Samedi 13 juin 2020 à 10 H 00
Salle de la Colombe – 1, avenue Paul Laurens – 26110 Nyons
(repas partagé)

Pour la Plateforme : Annie Molinet, Colette Sénéclauze, Valérie Rosier

Communiqué par Plateforme des Comités d’Accueil des Réfugiés en Drôme-Ardèche et Vaucluse (CARDAV)

Valérie Rosier, Coordonnatrice,  Tél 06 12 33 10 71 
arquaique@orange.fr 
Colette Sénéclauze, Secrétaire, Tél 04 75 26 41 44 
c.a.sene2015@gmail.com
Annie Molinet, Blog, Tél 04 75 28 51 77 
coparhb@gmail.com

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Coronavirus – Quelques liens utiles

Voici une série de liens pouvant être utiles aux aidants et aux personnes aidées. Elle n’est pas exhaustive et sera complétée au fur et à mesure des informations qui nous parviennent par la voie officielle. Votre participation est la bienvenue si vous avez connaissance d’un lien nouveau et pertinent (voir mon adresse courriel ci-dessous).
Annie M., Blog

COVID-19
Organisation de la prise en charge éducative des mineurs suivis par la DPJJ – MARS 2020 – Ministère de la Justice

Affiche coronavirus en arabe, formats portrait et paysage à transmettre aux réfugiés arabophones


Communiqué par Plateforme des Comités d’Accueil des Réfugiés en Drôme-Ardèche et Vaucluse (CARDAV)
Valérie Rosier, Coordonnatrice,  Tél 06 12 33 10 71 arquaique@orange.fr Colette Sénéclauze, Secrétaire, Tél 04 75 26 41 44 c.a.sene2015@gmail.com
Annie Molinet, Blog, Tél 04 75 28 51 77 coparhb@gmail.com
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réunion de la Plateforme CARDAV – Samedi 7 mars 2020

Bonjour responsables de comités d’accueil de réfugiés, membres ou sympathisants du CARDAV (Comités d’Accueil des Réfugiés en Drôme, Ardèche, Vaucluse)!

Retrouvons-nous
Salle de la Colombe – 1, avenue Paul Laurens – 26110 Nyons
Samedi 7 mars à 10 h

Ordre du jour :

– Tour de table des différents comités : actions ou événements récents.

– Bilan de la fête de la Fraternité (pour ceux qui étaient absents, consultez le blog ICI

– EGM et élections municipales

– Infos sur le  groupe de paroles pour l’aide aux accompagnants avec Anne Morin

– Questions diverses

Si vous ne pouvez pas être présent, pouvez-vous nous envoyer vos infos, sur votre groupe, sur les réfugiés que vous accueillez ou avez accueillis…

Pour ceux qui le peuvent, repas partagé à l’issue de la réunion, un moment pour de très riches  échanges informels .

Pour le CARDAV : Annie, Valérie, Colette

Communiqué par Plateforme des Comités d’Accueil des Réfugiés en Drôme-Ardèche et Vaucluse (CARDAV)
Valérie Rosier, Coordonnatrice,  Tél 06 12 33 10 71 arquaique@orange.fr 
Colette Sénéclauze, Secrétaire, Tél 04 75 26 41 44  
c.a.sene2015@gmail.com
Annie Molinet, Blog, Tél 04 75 28 51 77 coparhb@gmail.com 

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Concert à Barret-sur-Méouge (05) – Samedi 22 février 2020

Une manifestation de soutien aux exilé(e)s
aura lieu
Samedi 22 février 2020
Dans les locaux d’ECOLOC
Barret-sur-Méouge (05)

A partir de 15 H:
Projection du documentaire « Déplacer les montagnes » et présentation par l’auteur du livre « Et maintenant qu’ils sont là on fait quoi »

A partir de 20 H: CONCERTS!

Les bénéfices de la soirée serviront à financer une imprimerie numérique par et pour les exilés

Ecoloc
1, montée de Barret-le-Haut
05300 Barret-sur-Méouge
tel : +33 (0)4 92 55 49 25
Venez nombreux!

Communiqué par Plateforme des Comités d’Accueil des Réfugiés en Drôme-Ardèche et Vaucluse (CARDAV)
Valérie Rosier, Coordonnatrice,  Tél 06 12 33 10 71 arquaique@orange.fr 
Colette Sénéclauze, Secrétaire, Tél 04 75 26 41 44  
c.a.sene2015@gmail.com
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Lettre aux accueillants des migrants et réfugiés

Lettre aux accueillants des migrants et réfugiés

Chers amis,

Ma compagne Ljljana m’a rendu compte de cette magnifique journée de la  Fraternité 2020 qu’avec ferveur, persévérance et créativité, vous avez menée, semble-t-il, de main de maître, pour le bénéfice de nos amis migrants.

Mon absence obligée ne m’ayant pas permis de participer avec vous à ce moment je tenais à vous dire mon admiration pour votre action, et confirmer mon soutien.

Donc je vous remercie et vous félicite chaleureusement, toutes et tous. Je me permets ce mot d’un membre distancier non par forfanterie mais parce que la pierre posée par vous me résonne comme hautement symbolique.

Votre action de soutien m’en rappelle une autre aux jours même ou se commémore le sombre 75 éme anniversaire de « la libération » des camps d’Auschwitz., et je voudrais vous proposer deux réflexions et une suggestion après cette événement.

–  Ce W.E. je participais dans ce cadre mémoriel, à Banon et à Sault, avec l’historien et politologue Jacques Sémelin* et l’écrivain et traducteur de la littérature russe André Markowicz* à une  

RENCONTRE EXCEPTIONNELLE JACQUES SEMELIN & ANDRÉ MARKOWICZ.

De cette discussion est advenue, entre autre, l’idée que si la France a dénombré le moins (même si trop !) de juifs décimés par les nazis de tous les pays européens, c’est pour deux raisons essentielles :

1) le régime vichyssois a « assez peu » dénoncé au pouvoir allemand les juifs ( intégrés) De France (20% de cette catégorie furent envoyés en camps d’extermination), en « échange » d’une position plus radicale (mais non moins macabre !), vis-à-vis des juifs En France ( étrangers donc, 90% de ce groupe furent décimés),

2) si ces juifs sont restés en vie, c’est qu’ils ont été protégés, couverts ou cachés par des réseaux de résistants, bien sûr, pour une petite partie d’entre eux, mais surtout par les « petits gestes » de la population française ( La survie des juifs en France (1940-1944) – Cogito, ce qui signifie que la population juive était intégrée, et ceci depuis Les lois de la république de 1791.

C’est donc à la fois le modèle républicain, ses lois, sa constitution, puis la séparation des pouvoirs, qui a garanti cette protection, malgré la collaboration du gouvernement de Vichy ; mais aussi le « jeu » des habitants de France, émus par les premières rafles de femmes, de personnes âgées, et d’enfants juifs , et ces petits gestes qui sont aussi les vôtres aujourd’hui.

C’est grâce à ce contexte de structure républicaine, des réseaux d’intégration, de résistance, et de solidarités humaines, bien éloigné de la doxa d’un antisémitisme généralisé en France, que beaucoup de juifs ont été sauvés de l’holocauste.

Ce détour par l’histoire me paraissait utile en cette missive pour vous redire à quel point l’effort que vous faites à intégrer les migrants et autres réfugiés, en les accompagnant, en les éclairant, en les sécurisant, et en aidant à faire accepter à l’ensemble de la population drômoise l’utilité de leur accueil, est fondamental et extrêmement important, malgré la modestie de événement.

  Ma deuxième réflexion tourne autour de la mise en public des paroles et des corps des migrants.

Lorsque j’étais plus jeune, moi-même issu d’un milieu modestement cultivé qui reste en dormance, j’ai éprouvé le besoin de dire ma condition retranchée et de dire en sympathie celle d’autres, étouffant sous la coupe « Barro-Giscardienne » de la fin des années 70.

L’engagement dans le théâtre politique et social d’intervention, notamment, m’a aidé à me libérer de mes chaines et de mes cris, et à ne sombrer ni dans la violence, ni dans la folie. Notre ami Serge Pauthe et certains de vous savent bien de quoi je vais parler à ce propos.

A cette époque je m’interrogeais parallèlement sur les comment et les pourquoi du dire, en public, et la rencontre avec le metteur en scène Armand Gatti et les thèses de son ami et collaborateur l’historien ( des migrations) Gérard Noiriel furent pour moi déterminantes et m’ont convaincu. Ce dernier nous rappelle (dans son ouvrage : Histoire, théâtre et politique – agone) : « On sait d’expérience que les démonstrations produites par les sciences de l’homme et de la société ont très peu d’impact sur les gens. On peut mobiliser toutes les études pour démontrer la « stupidité » du racisme, on ne parviendra pas pour autant à convaincre quiconque d’abandonner ses préjugés. Pour être efficace, il faut que la raison rencontre l’émotion. Ce qui est prouvé dans la recherche doit être éprouvé par le public. »

D’où l’importance de la prise de parole des migrants, de la théâtralisation de leur propre rôle dans la société, de la reconnaissance par le public de leurs personnes et des différences (psychologiques, culturelles, sociales, religieuses …), portées par leurs personnalités, et de leurs voix données qui certifient dans ce cadre au moins, une écoute officiellement publique.

Votre aide à la mise en public des familles, et de leurs identités et histoires, est donc pour tous d’une importance capitale et pas du tout anecdotique. Elle est fondatrice dans le processus d’intégration.

Je tenais à souligner ce moment là aussi parce que Ljljana m’a dit la présence réitérée du maire de Buis Sébastien Bernard à la fête de la Fraternité.

Si ce geste de présence est vraisemblablement sincère et peut être même perçu comme amical, il va de soi qu’en les circonstances pré-électorales du moment, il est surtout aussi un signe politique local fort donné à l’ensemble de la population buxoise.

A titre individuel et en ce lieu je crois qu’il est utile de l’en remercier.

Si d’ailleurs Mr Sébastien Bernard devait être sollicité par une certaine opposition, ou des administrés réticents à l’accueil, je pense que vos actions de toute l’année devraient être plus mises en lumière auprès de cette population suspicieuse, aussi pour justifier de la pertinence des aides diverses octroyées par la municipalité.

Car nous savons que des forces noires sont tapies près de nous et en ce temps, qui ne demandent qu’à rugir dés que l’occasion se présentera.

–  C’est ainsi qu’en dernier lieu je vous propose ma suggestion.

Chacun sait que si des paroles sont fortes et opportunes elles n’en demeurent pas moins souvent insuffisantes car… «  elles s’envolent ».

Pour témoigner Il faut des preuves!

Je ne sais pas si quelqu’un avait pensé à filmer l’évènement du dire en ce jour de fête?

Si cela fut le cas, il me semble judicieux d’en faire des documents d’archives, au même titre que les photos (je sais qu’il en fut prises par les familles elles mêmes), qui pourraient être collectées (dans un délai court pour éviter l’oubli ) afin que ces documents soient non pas stockés virtuellement sur nos cartes mémoires, nos ordinateurs, ou dans les tiroirs du comité, mais exposés, ou pour le moins offerts, comme preuves et arguments à la mairie de Buis afin qu’ils prennent figure officielle.

En résumé, la force des témoignages émouvants qui ont été dits à la fête devrait pouvoir être communiquée et entendue ou montrée par voie officielle aux éventuels opposants à toute démarche d’accueil.

Cette démarche viserait la population buxoise, mais serait aussi utile pour vous les accueillants, les justes d’aujourd’hui, par reconnaissance publique à votre effort d’accueil, et enfin pour les migrants, en honorant et reconnaissant leur existence et leur voix au sein de notre société dès lors enrichie.

Les fragiles forces du dire contre les puissantes forces noires, voilà ce qui aujourd’hui se joue ; il me semblerait donc opportun et à propos de marquer le coup maintenant.

Voici ce qu’en geste de solidarité je tenais à vous dire,

En amitié et respectueusement

Luc Rouault

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Buis-les-Baronnies- Centre
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